Stress et souffrance au travail : vers l’épuisement professionnel et personnel


Une tendance qui s’accentue 

Ces dernières années, la souffrance au travail est devenue un motif de consultation hélas en croissance. Si les patients évoquaient déjà au détour de leur thérapie des difficultés au travail, ces difficultés ne faisaient pas l’objet exclusif de consultation auprès du psychologue.

Aujourd’hui, les personnes que je rencontre souffrent de stress, épisodique ou chronique, lié aux conditions de travail en raison de la pression et du rythme de travail imposés qui deviennent difficilement tenables et influencent négativement le psychisme, la vie privée voire la sphère du couple et de la famille.

Quand ce stress n’est pas pris en charge ni entendu, il peut conduire à l’isolement, au repli sur soi, à une image de soi dévalorisée (perte de confiance en soi, auto-reproches, dévalorisation, etc.) qui s’installent et risquent de devenir une dépression, des troubles anxieux, des troubles du sommeil, etc. jusqu’à la tentative de suicide tant la personne se sent seule et démunie face à sa situation au travail.

La relation au travail : Du « syndrome de l’imposteur » au burn-out

Notre identité de travailleur est prégnante, d’autant que l’on passe beaucoup de temps au travail (physiquement ou à distance depuis le COVID et les confinements) et que nos projets de retraite semblent s’éloigner davantage pour des raisons socio-financières.

Nous nous préparons au travail dès notre plus jeune âge avec le choix de nos études et l’injonction à se projeter comme exerçant un métier par la suite. Une pression d’abord sociale s’exerce à faire les bons choix et à se donner les moyens de les réaliser, à être cohérent entre nos choix d’études et notre parcours professionnel par la suite jusqu’à ce que nous l’internalisions comme notre propre désir ou notre propre objectif de carrière professionnelle.

Cette pression externe puis interne, je l’entends de plus en plus dans les paroles des patients que je rencontre et qui évoquent régulièrement un « syndrome de l’imposteur » : ce sentiment de ne pas être à la hauteur des attentes assignées au poste qu’ils occupent et la peur que l’entreprise, l’employeur, les collègues finissent par les démasquer dans ce qu’ils considèrent comme une « imposture » de leur part.

Ce ressenti va les inciter à davantage investir leur travail, à chercher constamment à démontrer qu’ils sont à la hauteur des attentes et des objectifs et ce, au détriment de leur temps de vie privée, de leur équilibre et leur santé psychologiques. Bref, au détriment d’eux-mêmes, ce qui à terme engendre une souffrance au travail, une charge mentale, un stress important parfois jusqu’à cet épuisement des ressources internes communément appelé « burn-out ».

Le burn-out est devenu un motif de consultation sérieux puisqu’il contraint généralement à un arrêt médical du fait que le travailleur n’est plus en capacité de se rendre sur son lieu de travail, son corps ne le lui permet plus, son attention et sa concentration ne peuvent plus être mobilisées, des troubles du sommeil apparaissent, des angoisses peuvent apparaître dès le retour au travail après un arrêt, etc.

La psychothérapie permet alors de revoir son rapport au travail : la place du travail dans notre vie, la manière dont on investit son travail (enjeux) et le sens que l’on met à son travail (présence vs absence de sens), la valeur de soi que l’on recherche dans ses compétences et résultats professionnels, etc.

Travail et psychothérapie 

La consultation psychologique est un espace où l’expression du mal-être au travail et dans la relation personnelle au travail peut s’exprimer en toute authenticité et où le patient et le thérapeute recherchent ensemble des solutions adaptées à la situation : diminuer son niveau d’exigence face au travail, prendre de la distance avec l’importance que le travail peut avoir dans chaque vie et lui redonner sa juste place, renforcer le souvenir de ses acquis et compétences pour réduire le « syndrome de l’imposteur », s’aménager des temps de repos et de plaisir, améliorer sa communication avec les collègues et/ou les supérieurs pour exprimer ses besoins et ses limites, découvrir des techniques de gestion du stress, etc.


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